• Bocage du côté de l'Aber

  • Dunes de Goulien

  • Nager à la Piscine Nautil'Ys

  • Surf en presqu'île de Crozon

Mercredi 24 janvier, le Président Daniel Moysan a présenté ses voeux pour l'année 2018 aux élus de la Communauté de Communes et aux partenaires du territoire. 

 

"Merci à tous et à chacun d’avoir pu vous libérer ce soir pour les vœux de la Communauté de Communes Presqu’île de Crozon – Aulne Maritime, malgré un emploi du temps que je devine bien chargé.

 

Mes premiers mots seront des vœux de bonne et heureuse année et de parfaite santé que je formule pour vous, vos familles. Je vous souhaite pleine réussite dans vos projets et soyez assurés que ces vœux et souhaits portent en eux l’assurance de ma très cordiale amitié. "Bloavez mad d'an holl ha da bep hini".

 

La vie des collectivités n’est pas toujours un long fleuve tranquille, et nous n’échappons pas à cette règle.

Ainsi l’année 2016 a été entièrement consacrée à la préparation de la fusion de deux territoires, créant ainsi une nouvelle « comcom »,  dont le lien à la fois symbolique et concret est le pont de Térénez.

L’année 2017, année 1 de la communauté de communes « presqu’île de Crozon – Aulne maritime » a vu la mise en place des différentes structures, du management et des arrêté comptables. Le bilan que j’en ai dressé ici même la semaine dernière, dans le cadre des vœux au personnel, a permis à tous de remémorer le rôle actif et déterminant  de chacun dans  la réussite globale de la fusion.

A l’heure où les services sont en place, à l’heure où ils fonctionnent, nous pouvons nous dire que, collectivement, nous avons relevé le challenge. Pour autant, tout n’est pas parfait, et comme dirait un proverbe chinois : « Quand il y a 10 pas à faire, 9 c’est la moitié ».

C’est pourquoi, sur ces bases nouvelles que nous avons validées au cours des derniers mois, nous allons réactiver notre système de management. Un système qui est notre marque, qui en constitue la colonne vertébrale, et dont je vais à présent vous livrer quelques traits.

Sur un territoire au patrimoine naturel aussi exceptionnel et diversifié que le nôtre, notre système s’inscrit nécessairement dans une démarche affirmée et continue de développement durable.

 

Cette démarche s’appuie sur un management « Qualité, Sécurité, Social, Environnement, Énergie », encadrant un développement durable qui doit concilier :                                             

  • L’efficacité économique en l’envisageant sur le long terme ;
  • L’équité sociale en renforçant la solidarité ;
  • La préservation de l’environnement et des ressources naturelles.

Les enjeux d’une telle politique sont en cohérence avec les objectifs qu’elle sous-tend : il s’agit tout simplement, notez l’euphémisme de ce terme « simplement » quand il s’agit réellement de :

  • Développer le bien vivre ensemble ;
  • Développer une économie s’appuyant sur les atouts du territoire ;
  • Rendre le territoire dynamique, attractif, et connecté ;
  • Préserver notre exceptionnel environnement ;
  • Être une collectivité exemplaire.

Sur ces bases nous avons conduit, nous conduisons et nous conduirons des actions axées sur l’innovation, la protection de l’environnement, la maîtrise de l’énergie centrée sur la transition énergétique et écologique.

Afin de rendre plus concret ce que je viens de vous livrer, je vous propose la présentation de trois actions, complétée par une quatrième relative aux chantiers déjà engagés à la fusion :

  • La gestion des déchets ;
  • La gestion de l’eau potable ;
  • La gestion de l’énergie ;
  • Les chantiers en cours à la fusion.

Action 1 : la gestion des déchets :

 

Partant du constat que le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas, notre objectif consiste à éviter le gaspillage des matières premières et limiter l’incinération.

A cet effet, nous avons inauguré en 2013 une usine de traitement des fermentescibles - déchets verts, algues vertes et bio-déchets.

Comment fonctionne cette usine ? A l’entrée nous avons les déchets. Après traitement biologique, nous retrouvons en sortie un produit normé, mis gratuitement à disposition des agriculteurs et de la population, supprimant ainsi l’infernale roue de la pollution : déchets fermentescibles sur la terre que l’on retrouve en baie, favorisant la création d’algues vertes notamment.

 

En complément, nous avons :

  • Largement développé le tri sélectif, mis en place les bacs jaunes et des extensions de consignes de tri ;
  • Créée des filières innovantes, par exemple avec le polystyrène et le bois et confié la gestion d’une recyclerie sur site à l’ESAT des Papillons Blancs ; 
  • Mis en place la tarification incitative avec l’optimisation des fréquences de collecte ;
  • Poursuivi notre action par des animations sur l’environnement dans les écoles et des visites de site pour les associations ou les groupes qui le demandent. 

Aujourd’hui, nous avons en cours la construction d'un bâtiment de stockage des déchets recyclables sur 1 000 m2 pour un coût de 550 K€.

Ce bâtiment comporte des panneaux en toiture et un local de stockage de l’énergie pour alimenter en partie l’usine de compostage.

 

Action 2 : La gestion de l’eau potable :

 

Emily Dickinson, écrivaine américaine, a écrit fort justement dans « Poèmes » : « Par la soif, on apprend l’eau. »

C’est parce que nous avons pris conscience de l’importance de ce qui est à la fois, le plus essentiel et le plus simple à la vie, que nous avons compris l’urgence d’une énergique action. Ce que l’on appelle désormais « l’or bleu », c’est-à-dire l’eau, est devenu pour nous le combat du XXI° siècle.

 

A cet effet, nous avons agi au travers de plusieurs actions :

  • La recherche de fuites sur le réseau d’eau potable et la mise en place de manchettes ainsi que le renouvellement du réseau,
  • Une communication auprès des usagers sur les économies d’eau avec une participation communautaire pour l’acquisition de dispositifs permettant une moindre consommation ;

Par ailleurs, notre ressource provient de la rivière l’Aber pour 1/3 des 2M m3 consommés annuellement ; pour un autre 1/3 des captages souterrains d’Argol et enfin de l’achat du dernier 1/3 à Châteaulin.

Dans premier temps, nous avons réalisé des travaux sur l’usine de production de la rivière de l’Aber. Mise en route en 1965, elle nécessitait une restructuration complète. 

Le chantier commencé en 2011, après une longue campagne d’achats fonciers afin de disposer d’un périmètre de protection, a été terminé à l’automne 2013. Nous disposons désormais d’une usine de production de 600 000 m3 / an entièrement rénovée dans une cohérence globale avec notre politique environnementale.

 

Elle a pour principales caractéristiques :

  • Une utilisation du chlorure ferrique permettant de ne pas utiliser d’aluminium ;
  • Une technique d’affinage sur charbon actif grâce au procédé « Carboplus », unique en France à l’époque, délivrant une eau au robinet exempte de toute trace de glyphosate (le Roundup du commerce) ;
  • Un traitement du manganèse par filtres permettant par modification du pH de l’eau d’éviter les dépôts noirâtres sur les canalisations ;
  • Une désinfection par UV permettant de diminuer l’emploi du chlore ;
  • Une re-minéralisation de l’eau, par utilisation de chaux et de CO2, évitant ainsi la dissolution des métaux dans les canalisations métalliques.

Et l’avenir, me direz-vous ?

Dès la fin de cette année nous trancherons la question de la DSP entre Veolia et Pont de Buis Lés Quimerc’h arrivant à échéance en 2019. La DSP de Le Faou continuera de courir jusqu’en 2025.

Pour toutes les autres communes, un schéma directeur de l’eau a été réalisé pour la période 2018-2023. Le coût global de sa mise en œuvre est estimé à 7,6M€ pour l’amélioration des installations (réhabilitation des captages de Sainte Agnès et de l’usine de Kernagoff à Argol, construction d’un réservoir à Crozon, feeder Argol-Crozon) pendant que pour l’entretien et l’amélioration du réseau il faudra consacrer une somme de 850K€ par an. 

 

Action 3 : la gestion de l’énergie :

 

En matière d’énergie, nous travaillons dans plusieurs directions :

Avec en tout premier lieu un partenariat particulièrement actif avec Energ’ence, l’agence de l’énergie du pays de Brest qui nous assure notamment des permanences mensuelles au profit du public, un suivi des consommations des bâtiments publics, des campagnes au profit de habitants telles que photographies par infrarouge des façades de maisons…

 

Nous travaillons aussi sur la mise en place d’une filière « Bois- Énergie » complète, en étroit partenariat avec le pôle métropolitain du pays de Brest, l’ONF, le PNRA, les agriculteurs, paysagistes et Energ’ence bien sûr. 

Cette filière a débuté par la plantation de TTCR (Taillis Très Courte Rotation) sur 11 Ha à Argol, voici 6 années.

Elle se poursuit par la construction d’une plateforme de 6.000 m2 et d’un bâtiment de 600 m2 pour le stockage du bois puis le broyage en plaquettes. La  production, estimée à 600 T/an, est destinée à l’approvisionnement des chaufferies « Bois Énergie » du territoire : Piscine en 2016, Centre Hospitalier en 2017, écoles en 2018, PNRA et autres …

 

Une centrale solaire au sol :

Ce projet porté à l’origine par un groupement d’entreprises bretonnes (Armorgreen, Quénéa et IEL) a été présenté trois fois à la Commission de Régulation de l’Énergie du ministère de l’écologie. Nous avons essuyé 3 refus !

Je le dis très souvent aux équipes de la comcom : « là où il y a une volonté il y a un chemin ». Ainsi, en bon breton têtu, nous traçons ce chemin et avons présenté une nouvelle candidature le mois dernier. Mais cette fois, en nous alliant avec un poids lourd en la matière, la « Générale du Solaire » qui gère déjà plus de 200 centrales analogues au niveau national.

Implantée sur le site d’une ancienne décharge d’une surface de 6,45 Ha, sa puissance serait de 1,84 M Wc pour une production annuelle de 2,3 GWh, représentant la consommation annuelle de 920 ménages. Comme certains prétendent que notre ciel est toujours rempli de nuages gris, elle sera équipée de trackers permettant aux panneaux de suivre la course du soleil.

L’investissement prévisionnel est de 2,6 M€ HT, à charge des entreprises, la collectivité touchant le prix de location du terrain et une part de la revente de l’électricité à EDF. A noter, et c’est important, que ce chantier permettrait quelques embauches pour sa construction et aussi pour son entretien.

 

Un projet de Réseau Électrique Intelligent (SmartGrid) : DIAPO

Ce projet vise la production et la consommation d’une électricité d’origine photovoltaïque (provenant des 2 nouveaux bâtiments communautaires) et d’éoliennes (1 ou 2 suivant autorisation) ainsi que de batteries de stockage. L’ensemble sera capable de fournir la moitié des besoins en électricité des bâtiments et installations communautaires.

Le montant total de l’opération est de 500K€ et nous pensons être subventionnés à hauteur de 80%. En effet, nous avons été retenus dans l’appel à projet national lancé dans le cadre de l’opération TEPcv (Territoire à Énergie Positive pour une Croissance Verte), avec l’aide du Pays de Brest, nous permettant d’obtenir des financements.

D’ores et l’entreprise SOLVEO est retenue. Nous attendons l’autorisation des autorités militaires pour l’implantation 2 éoliennes de 30,50m. A suivre donc !

Notre démarche globale, vous l’aurez compris, est tournée vers l’avenir. Elle s’inscrit également en cohérence et en continuité avec la politique menée ces dernières années et cette même volonté d’être innovant et exemplaire.

 

4/ Les autres projets :

 

Quatre chantiers majeurs vont voir le jour cette année. Pour cela, nous croisons les doigts, et en souhaitons être entendu et soutenu par les hautes autorités, sachant que de notre côté motivation et énergie ne manquent pas.

 

Le projet de l’abattoir de Le Faou :

Ce projet est discuté depuis plusieurs années. Considéré comme prêt en décembre dernier, il a fallu déchanter lorsqu’on s’est aperçu qu’il manquait des éléments essentiels pour démarrer les travaux tels une parcelle de terrain pour le relier au reste du monde et pouvoir l’alimenter en énergies diverses (voirie, eau, électricité, assainissement…).

La parcelle manquante a été acquise récemment après une année de rudes négociations (merci à Roger, 1° VP pour sa patience à démêler l’affaire).

Nous avons un rendez-vous prochainement avec les architectes pour un point financier qui sera déterminant. A suivre donc également.

 

La zone de mouillages de Térénez :

Cette zone devait être réceptionnée en juillet dernier mais des retards ont fait que nous allons le faire en juillet prochain. Il nous restera ensuite à déterminer la direction économique à donner à cet investissement de 2,4M€ : économie, tourisme, nautisme...

 

Le tourisme :

Le tourisme constitue un pôle économique majeur, le seul qui soit non délocalisable. Aussi des efforts sont-ils faits pour sa promotion, un journal parisien ne vient-il pas de titrer dans son édition de dimanche dernier : « Crozon se paie des pointures pour sa promotion » (voir la vidéo Road trip au bout du monde).

  • La restructuration de l’OT de Camaret :

Elle  est en cours et coûtera 385K€, fin des travaux en avril.

  • La rénovation du fort du Gouin, achèvement en fin d’année.

Elle est en cours et coûtera 350 K€.

  • La restructuration du VVF Argol :

Les travaux de la 1° tranche ont démarré. Le coût total de 1,7M€

 

La culture :

Le projet de la salle de spectacle, après bien des années de tergiversations, voit enfin le jour. L’assistance à maitrise d’ouvrage, le cabinet Vérifica, a été retenu et travaille sur la définition du programme pour un début de travaux dès les premiers jours de 2019.

 

En ce début d’année, pour cette toute jeune collectivité, voilà ce que je peux esquisser de sa politique, ses projets, son contexte économique et financier.

Comme vous pouvez le constater, le monde est mouvant. Nous venons à peine de digérer une série de réformes structurelles, que d’autres se profilent à échéance courte. Le temps d’aujourd’hui est devenu le temps des transitions, je crois que pour conserver notre place il faut nous y inscrire.

Lors de son discours d’ouverture de la conférence des territoires au sénat, le Président a rappelé que la France s’était construite par la norme, par la langue, par l’État, par l’impôt et il faut bien le reconnaître aussi par l’Administration.

A cela, s’ajoute que notre pays est un territoire constitué de terroirs porteurs d’identités propres. L’habitant d’un village rural, d’un gros bourg, d’une ville ou d’une banlieue métropolitaine ne vit pas le même quotidien.

Selon nos lieux de vies, nous éprouvons parfois un certain sentiment d’injustice en termes d’accès à certains services ou équipement. Ce sentiment peut être particulièrement ressenti par la population vivant sur un territoire enclavé.

L’égalité qui fonde notre république ne s’applique pas dans les faits. Je pense notamment aux transports ou encore au traitement des urgences médicales.

Ce que demandent les communes rurales et les collectivités à peine plus importantes, ce n’est pas l’aumône, ce n’est pas d’être compensé ; il s’agit précisément d’avoir les mêmes chances de réussir.

Le conseil départemental a perdu nombre de compétences. Ainsi l’économie, les transports ont été transférées à l’échelon de la Région. Mais celle-ci peut-elle gérer tous les défis qui se présentent en local ? Je pense qu’il lui faut un relais plus ancré. C’est en effet depuis le terrain que l’on prend le pouls du quotidien, le vécu de chacun et ses problématiques concrètes. Cet ancrage doit demeurer, pour pouvoir être entendu dans des réflexions plus globales.

En ce qui concerne les transports, la région s’adresse au Pays de Brest. Le constat est le suivant : les métropoles risquent de devenir bientôt le relais en lien avec la ruralité et les bourgs. Il me semble donc que le temps de la transition s’applique aussi pour notre collectivité. Je crois que le temps est venu de se poser la question de rejoindre la métropole brestoise.

Dans le cadre de cette réflexion, j’ai interrogé le bureau communautaire. J’ai posé une question simple : « Êtes-vous d‘accord pour engager une étude de préfiguration d’une éventuelle intégration à la métropole brestoise ? Cette étude n’engageant en rien la décision ultérieure qui pourrait être prise ».

A cette question chacun des 10 maires a répondu par l’affirmative.

Je remercie Louis, le vice-président aux transports, qui partage pleinement ma vision, je le remercie pour son engagement à mes côtés sur ce chemin.

J’achève donc mon propos sur l’annonce de ce nouveau chantier qui va s’ouvrir. La spécificité de celui-ci étant que nous en sommes à l’initiative, afin de prendre en mains notre avenir et plus profondément celui de nos enfants.

 

Pour terminer, je souhaite reformuler mes vœux du début de mon propos en reprenant des mots si justes et si profonds de Jacques Brel :

« Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir, et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns ;

Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer, et d’oublier ce qu’il faut oublier ;

Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence, aux vertus négatives de notre époque ;

Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être, et heureux, car le bonheur est notre destin véritable."

 

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